RAUS, Nicolas (1877 – 1926)

Erster Nachruf in der Revue Technique No 3, Mai-Juni 1926

Nous avons le douloureux devoir d’informer nos membres du décès de notre regretté camarade Nicolas Raus, ingénieur, décédé à Rollingergrund, le 29 avril, à l’âge de 49 ans.
Après de fortes études à Aix-la-Chapelle, Nicolas Raus s’expatria bientôt pour aller en Russie où il parvint à se créer une très belle situation dans l’industrie du pétrole. La révolution russe ne tarda pas à détruire ce que des dizaines d’années d’un travail opiniâtre avaient créé. Raus revint dans le pays natal, appauvri, mais non découragé.
La Pologne renaissante lui offrit bientôt l’occasion de faire valoir ses grandes qualités d’organisateur et de technicien et il eut la satisfaction de se refaire une situation enviable. Mais les fatigues immenses et les déboirs cruels de la période russe avaient marqué d’une empreinte indélébile ce courageux lutteur. Une grave maladie l’avait saisi et ne le lâcha plus.
Tous ceux qui ont connu cet homme sympathique, ce camarade dévoué, lui garderont le meilleur souvenir et s’uniront à nous pour adresser les condoléances les plus sincères à la famille si cruellement éprouvée.

Es folgte noch ein zweiter, in der Revue Technique no 4 Juli-August 1926

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Une vie d’Ingénieur — Nicolas Raus.
Les membres de l’A. V. d’Letzeburger, Aachen et l’Association des Ingénieurs luxembourgeois ont appris avec une pénible émotion la nouvelle inattendue de la mort de leur camarade Nicolas Raus, directeur-général honoraire de la „Malospolska”, grande entreprise pétrolifère française en Pologne, décédé le 28 avril dernier à Luxembourg, son pays natal, où il s’était retiré depuis un an pour vivre une vie tranquille au milieu de sa famille et entouré de ses amis.
Peu de carrières d’ingénieurs ont eu un développement aussi mouvementé que celle de Nicolas Raus.
Après avoir fait de solides débuts dans l’industrie sidérurgique luxembourgeoise à l’usine de l’Arbed à Dudelange et de l’usine métallurgique de Wyken, il alla travailler comme mouleur aux fonderies des ateliers de construction de machines à Mourawe, lvanovo-Voznéssensk, comme sous-chef à la fonderie des ateliers de Toula.
Pendant la guerre russe-japonaise en 1904-05, il compléta ses études à Aix-la-Chapelle, rentra en Russie, devint chef de l’importante fonderie de Mychéga (tuyaux de conduite d’eau, machines, poterie), quitta en 1906 la Russie pendant les désordres à la suite de la guerre japonaise, et trouva la place de chef de fonderie à la Providence Russe, dont le directeur général était Mr Eugène Pellering de Luxembourg.
En 1908, il fut appelé par Albert Becker, ingénieur luxembourgeois, aux plus importantes exploitations de naphte de Grozny, chez la Société Akhverdof .et Cie., en qualité de chef d’entretien. Il s’y distinga par son activité et ses succès, et obtint le poste important de „Directeur des Sources”, qu’il occupa jusqu’à la révolution boleshéviste. En 1919, il ramena sa famille à Luxembourg avec les plus grandes difficultés.

A Luxembourg. il ne fut pas longtemps à attendre le poste; de directeur général de la Société „Verdatok”, entreprise française en Galicie, avec quelques terrains pétrolifères aux environs de Krosno. Cette entreprise s’agrandit bientôt sous le nom actuel de „Malopolska”, et acquit rapidement une grande extension et importance.
C’est encore à cette Société qu’il consacra toute son intelligence et tout son dévouement et il fut certainement l’un des bons ouvriers qui firent de la modeste société l’une des toutes premières firmes de l’industrie pétrolifère française. Partout son expérience industrielle et commerciale et surtout sa connaissance parfaite de l’industrie pétrolifère lui valurent une réelle autorité. Les avis qu’il était appelé à donner dénotaient une rare finesse de conception et une grande pénétration de jugement; c’étaient des modèles d’une saine philosophie des hommes et des choses.
Par suite de la grande extension de l’affaire, dont les exploitations s’éparpillaient sur une grande partie des Carpathes, des voyages fréquents et prolongés, dans les conditions mauvaises d’un pays désorganisé par la guerre, il se sentait souffrant, employait ses vacances annuelles à faire des cures balnéaires, et se décida enfin à ne plus renouveler son contrat, pour pouvoir mener une vie moins harassante. C’était trop tard : son repos n’était qu’une lutte pendant presqu’un an, avec un mal qui ne devait plus le lâcher jusqu’à sa fin fatale. Nicolas Raus n’eut plus la satisfaction de voir le succès d’une nouvelle entreprise en Galicie qu’il fonda lui-même avec l’aide de ses amis, et dont il poursuivait les progrès avec beaucoup d’intérêt.
La mort prématurée de cet homme excellent et de ce travailleur infatigable à l’heure où il était dans sa pleine maturité est un chagrin pour tous ceux qui l’ont connu. Nous perdons en lui un ingénieur de mérite et un ami sincère de notre Association.

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