Koener, Mathias (1883 – 1943)

Koener Mathias gehörte zu den Studenten des goldenen Zeitalters des AVL. Er führte den Biernamen “Zech”, wie uns ein Foto verrät, welches er im WS 1904/05 Camille Keiffer gegeben hatte.

Mathias Koener
Mathias Koener
Revers Koener
Revers Koener

Nach Mathias Koener sind heute einige Strassen in Luxemburg benannt und dies, weil er zu einem entscheidenden Zeitpunkt der Luxemburger Geschichte einen bestimmten Posten innehatte:
Als die Luxemburger 1942 mit einem Generalstreik gegen die Einführung der Wehrpflicht durch die deutschen Besatzer protestierten, wurde auch auf ARBED Schifflange gestreikt, dem Werk von dem Koener zu dem Zeitpunkt Direktor war. Weil er in den Augen der Besatzer nicht genug unternahm um den Streik zu unterbinden, wurde er von der GESTAPO verhaftet, unwürdig behandelt und nur zum Sterben freigelassen. Hier sein Nachruf aus der

REVUE TECHNIQUE LUXEMBOURGEOISE 38e Année — No 1 Janvier-Mars 1946

Mathias Koener
Notre excellent et cher camarade Mathias Koener est mort, « mort pour la Patrie », le 7 mars 1943.
Il était né à Wasserbillig, le 15 novembre 1883. Après de fructueuses études à l’Ecole Polytechnique d’Aix-la-Chapelle, il reçut de cette Ecole son diplôme d’ingénieur et entra le 1er septembre 1909 au service des Hauts Fourneaux de Dudelange. Il ne quitta plus les usines de l’Arbed jusqu’à ce que, le 5 septembre 1942, il en fut chassé par l’occupant en raison de son attitude ferme et courageuse au cours de la grève qui constitua une des manifestations les plus caractérisées du sursaut patriotique provoqué dans le pays entier par l’annonce faite par le Gauleiter Simon de la prochaine incorporation de nos jeunes gens dans Armée allemande.

L’activité industrielle de notre ami, qui se développa brillamment, le conduisit, après les Hauts Fourneaux de Dudelange, aux Hauts Fourneaux d’Arbed-Esch où il entra le 15 mai 1913, à ceux de Belval où il devint Chef de Service le 1ier janvier 1920, puis ingénieur en chef le 1er juin 1925 ; deux ans plus tard, le ter novembre 1927, il prit la Direction de l’usine d’Arbed-Esch et l’exerça jusqu’à son arrestation.
Cette carrière rapide suffit à montrer combien Mathias Koener était apprécié par ses chefs ; ceux qui l’ont suivie savent en quelle estime le tenaient ses camarades, ses collaborateurs et le personnel employé et ouvrier, qu’il a conduit avec une calme fermeté que tempéraient encore une compréhension constante et une bonté attentive, et combien étaient solides les liens d’affection qui s’étaient formés entre lui et tous ceux qui ont pendant si longtemps travaillé avec lui.
Comme sa vie avait été laborieuse et féconde, sa mort glorifie à jamais sa mémoire. — Acceptant avec une dignité intrépide la responsabilité d’un mouvement de son personnel, provoqué seulement par l’action inique d’un pouvoir méprisant toute loi divine et humaine, d’un pouvoir cynique et universellement détesté, il fut jeté en prison dans les conditions les plus odieuses, loin de sa femme et de ses enfants en exil, soumis aux pires tortures morales, frappé dans sa santé et ses préoccupations les plus chères, sans se plaindre jamais et sans rien réclamer de ses bourreaux. — Lorsque ceux-ci l’ont vu irrémédiablement frappé, ne voulant pas le voir mourir dans la geôle où ils le tenaient enfermé, ils ont, marquant une hypocrite pitié, consenti à l’envoyer en clinique ; il y succomba, après quelques jours, victime du traitement brutal et inhumain qu’il avait enduré pendant six mois.
Son nom s’inscrit dans le martyrologe du patriotisme luxembourgeois : sa mémoire sera conservée pieusement par tous ceux qui l’ont connu et aimé ; le nom de Mathias Koener, honneur de sa corporation et de notre Association, évoquera toujours chez nous, celui d’un camarade aimable, doux et tranquille, dont la modestie ne pouvait cacher la haute valeur. Sa fin prématurée prive la Société à laquelle il a consacré toute son existence de travail, l’industrie et le pays, d’une force précieuse ; les circonstances tragiques qui l’ont entourée ajoutent aux mérites que chacun lui reconnaît, une gloire impérissable, qui sera pour les siens de quelque réconfort dans leur profonde douleur, à laquelle nous prenons une part fraternelle.
H. D.

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