HIERTZ, Emile (1857 – 1919) directeur Cockerill Sambre

L’Association des Ingénieurs Luxembourgeois a perdu pendant la guerre l’un de ses membres qui ont le plus contribué, au cours de ce dernier quart de siècle, à maintenir à l’étranger le bon renom de notre petit pays.
EMILE HIERTZ était né à Heinerscheid en 1857. Après avoir suivi brillamment les cours de l’Athénée de Luxembourg, entra à l’Institut polytechnique d’Aix-la-Chapelle, où il se spécialisa dans l’étude de la chimie et de la métallurgie.
En 1881 il débuta dans l’industrie comme chef de laboratoire des usines métallurgiques de Monceau s. Sambre, près de Charleroi. Il sut bientôt s’y faire remarquer et à peine un an plus tard il y obtint la position d’ingénieur des hauts-fourneaux.
Il quitta les usines de Monceau en 1884 pour aller reprendre en Lorraine la direction des hauts-fourneaux de la firme Karcher et Westerman à Ars s. Moselle. La crise industrielle de 1886 amena l’arrêt momentané de ces usines. Emile Hiertz rentra alors en Belgique qu’il ne devait plus quitter.
Il reprit d’abord la situation d’ingénieur des hauts-fourneaux de la Société de Sclessin à Tilleur, transformée aujourd’hui sous la firme «Aciéries d’Angleur».
Enfin, en 1889 il fut appelé à la direction de l’importante division des hauts-fourneaux de la Société Cockerill à Seraing. C’est là qu’il put fournir la réelle mesure de sa valeur industrielle et donner plein essor à toute sa science d’ingénieur métallurgiste.
Evoquer les souvenirs de la carrière d’Emile Hiertz, c’est rappeler l’histoire de tous les progrès réalisés depuis 25 ans dans la construction et la conduite des hauts-fourneaux.
C’est lui qui construisit à Seraing les premiers hauts-fourneaux à grandes dimensions et à fortes productions. C’est lui encore qui introduisit, le premier en Belgique, la fabrication du ciment et des briques en laitier de hauts-fourneaux. C’est grâce à l’excellence de sa fabrication, comme à sa propagande active et intelligente, qu’il parvint à vaincre tous les scrupules des Administrations publiques contre l’emploi de ce nouveau produit décrié à son apparition et qui cependant à été le point de départ d’une industrie aujourd’hui si prospère.
Enfin Emile Hiertz fut encore l’un des principaux artisans de la fameuse question de l’emploi des gaz perdus des hauts-fourneaux comme force motrice, idée qui devait révolutionner le monde de la métallurgie et dont la Société Cockerill fut le premier des protagonistes. Il n’est pas un progrès dans l’étude de cette application à laquelle Emile Hiertz n’ait pas une part prépondérante, pas un pas fait en avant auquel il n’ait contribué, notamment dans l’étude de la question du dépoussiérage et de l’épuration des gaz de hauts-fourneaux, l’une des principales nécessités dans l’emploi de ces gaz.
La réputation d’Emile Hiertz comme ingénieur de hauts-fourneaux avait depuis longtemps franchi les frontières de la Belgique et son nom était connu par toute l’industrie métallurgique des pays voisins comme celui d’un des techniciens les plus avisés et dont l’opinion et les conseils étaient toujours écoutés avec la plus grande attention.
Emile Hiertz n’était pas seulement un ingénieur habile et estimé. Amoureux de son métier il était en outre un éducateur remarquable qui savait inculquer aux autres sa science et son propre attachement à son industrie. Il aimait à s’entourer de jeunes ingénieurs dont il guidait de si bon cœur les premiers pas dans leur carrière et nombreux sont ceux qui ont porté partout, dans tous les hauts-fourneaux du pays et de l’étranger, les heureux fruits de sa science et de sa longue expérience.
La guerre a particulièrement été dure à l’industrie belge et ses ravages, en causant la destruction de tant d’installations dont Hiertz avait été le promoteur et l’artisan direct et auxquelles il s’était attaché, ont achevé de ruiner une santé déjà ébranlée.

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