FISCHER, Joseph (1856-1937)

Aus Revue Technique No 5, 29e année septembre-octobre 1937

Notre Association déplore à nouveau la perte d’un de ses membres fondateurs et membres d’honneur les plus en vue, M. Joseph Fischer, Président du Conseil d’administration de la Minière et Métallurgique de Rodange, décédé le 13 septembre 1937 des suites d’une pneumonie.
Joseph Fischer naquit te 3 mai 1856 à Cessange-lez-Luxembourg. Issu d’une vieille famille très estimée de propriétaires fonciers, il garda pendant toute sa vie un profond attachement au sol et à la classe paysanne. Son énergie tenace et la pondération de son jugement, jointes à une grande simplicité naturelle, se retrouvent à toutes les étapes de sa vie laborieuse.
Après achèvement de ses études moyennes à l’Athénée de Luxembourg, Joseph Fischer entra à Ecole Polytechnique d’Aix-la-Chapelle où, en 1880, il acquit le diplôme d’ingénieur avec la mention « très bien ». De septembre 1880 à avril 1882 il travailla comme chimiste à l’usine de Monceau-sur-Sambre, près de Charleroi, et en avril 1882, il fut engagé par la société Metz & Cie en qualité d’ingénieur-chimiste et assistant des hauts fourneaux de l’usine de Dommeldange. En 1884, la société Metz & Cie lui confia le poste de directeur de ses hauts fourneaux à Esch-sur-Alzette. Joseph Fischer y rendit des services remarquables à l’industrie métallurgique luxembourgeoise naissante, jusqu’au 1ier juillet 1896 où il se vit confier les fonctions de directeur des hauts fourneaux de la Société Espérance-Longdoz à Seraing près de Liège.
Le 1ier janvier 1901, Joseph Fischer rentra dans sa patrie pour y occuper le poste de directeur-gérant de la Société des Hauts Fourneaux de Rodange. C’est à cette époque, de 1901 à 1904, que nous le rencontrons au conseil d’administration de notre Association où ses avis pondérés et pleins de bon sens furent toujours fort appréciés.
Lors de la fusion, en 1905, de la Société des Hauts Fourneaux de Rodange avec la Société d’Ougrée-Marihaye, Joseph Fischer fut confirmé dans ses fonctions, et quand. le 1ier octobre 1926, il prit sa retraite, il fut admis au Conseil d’administration de la Société d’Ougrée-Marihaye.
Bien qu’appartenant à une famille dans laquelle l’activité politique était de tradition, le défunt n’avait jamais voulu jouer un rôle dans la vie politique, réservant toutes ses forces et tous ses talents aux entreprises industrielles qu’il dirigeait. Les grands services qu’il a rendus ainsi aux deux pays où s’est déroulée sa vie lui valurent la promotion, comme officier, dans l’ordre de la Couronne de Chêne et dans celui de la Couronne de Belgique.
Telle est, en quelques mots, l’histoire de l’homme d’élite que fut Joseph Fischer. Notre Association a perdu en lui, après Tony Dutreux, Antoine Hirsch et Joseph Faber, l’un des membres les plus fervents et les plus dévoués de sa vieille garde. Le don généreux qu’il nous a légué pour la future Maison de l’Ingénieur est un témoignage ultime et émouvant de la grande sollicitude qu’il n’a cessé de porter à sa chère Association et à la cause de l’ingénieur luxembourgeois. Avec son fils, notre camarade Adolphe Fischer, et avec tous les siens, nous garderons pieusement sa mémoire, et son nom occupera toujours uhe place d’honneur dans nos annales.
Ci-dessous nous reproduisons le discours qui a été prononcé devant la tombe ouverte par notre membre d’honneur, M. Charles Libelle, administrateur-directeur-gérant de la Minière et Métallurgique de Rodange.
«Au nom du Conseil d’administration et de tout le personnel technique, administratif et ouvrier de la Minière et Métallurgique de liodange, j’ai le pieux devoir d’apporter un ultime adieu au cher et vénéré Président que nous perdons.
Pendant 35 ans il s’est consacré uniquement à notre société, sans disperser ses efforts à d’autres occupations, et avec le souci de maintenir nos usines dans un état continuel de modernisation et de perfection technique.
Après la direction qu’il assuma pendant plus de 25 années, puis sa gestion comme administrateur d’Ougrée-Marihaye, et enfin à la Présidence de notre Conseil d’administration, Monsieur Fischer nous laisse le respectueux souvenir d’un chef dont l’exemple et la droiture commandaient l’attachement de ses collègues, de tout son personnel.
Toute sa sollicitude, il l’a manifestée par son désir de collaborer largement aux institutions sociales du pays et d’établir, entre les membres de son personnel, l’en tente dans le travail commun, l’union des efforts vers le but à poursuivre.
Issu d’une des plus honorables familles du pays, Monsieur Fischer était fier d’en avoir hérité les sentiments de haute équité et de grande justice: ils ont guidé tous les actes de sa mission.
Une vie comme la sienne, toute de travail, si digne, si probe, si pleine d’œuvre créatrice et d’esprit de solidarité bienveillante, une vie active, poursuivie sans faiblesse et toute entière dirigée vers son but avec une égale volonté persistante, une telle vie est un exemple pour nous tous: elle honore l’homme qui l’a vécue et la famille à laquelle il a appartenu.
En mon nom personnel, je rends un hommage ému à celui qui, pendant treille ans, fut mon chef et qui n’a jamais cessé de m’encourager de son bienveillant et amical appui.
Puissent ses enfants, dont nous partageons la peine, trouver ici, dans l’expression de notre attachement à sa mémoire, un réconfort dans leur affliction et une consolation dans la pensée qu’ils pourront toujours être hautement fiers de son souvenir.

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